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ALLOPATHE, HOMEOPATHE, PSYCHANALYSTE[1], PSYCHOLOGUE, PSYCHOTHERAPEUTE…

ALLOPATHE, HOMEOPATHE, PSYCHANALYSTE[1], PSYCHOLOGUE, PSYCHOTHERAPEUTE…

Plusieurs regards, plusieurs perspectives, diverses approches…

Mais, face à eux… un Sujet…

 

Regarder, si l’on s’en réfère au dictionnaire Larousse, c’est : « faire en sorte de voir », c’est aussi « s’appliquer à voir, c’est à dire à recevoir les images des objets par le sens de la vue ».

Le regard du médecin se situe là…

Amené à observer, il doit percevoir et anticiper. Tout son travail consiste à rassembler dans une sorte de synthèse permanente les éléments de prime abord disparates ou sans lien apparent, qui s’offrent à sa vue ; puis en faire émerger le message.

 

Regard de clinicien empreint de savoir…

Est introduite à travers ce terme, la notion d’expérience ; celle aussi de connaissance  de soi…A priori, fermetures aussi instinctives qu’insoupçonnables sont toujours au rendez vous. Ils interviennent dans la relation thérapeutique et invitent à la remise en question.

 

Le regard posé sur le trouble pose problème.

Il évoque la démarche du « thérapeute », celle qui l’inscrit dans son art de soignant : « Que regarde-t-il ? Que cherche-t-il à observer ? Par quel moyen ? -  si tant est que parfois, le regard est aussi « une oreille »...

 

Regard posé sur le sujet lui-même ? Sur le sujet malade? Sur la maladie ?

La distinction est apparemment simple…

Et pourtant !... Se dessine ici la singularité de ce qui infiltre chaque démarche thérapeutique.

 

FACE  AU SUJET : LE MEDECIN

 

Va-t-il examiner les symptômes en vue d’un diagnostic ?

Repérer les signes de la dysharmonie en cause dans la pathologie?

Simplement et uniquement, chercher à déterminer le remède salvateur ?

L’approche médicale classique et l’approche homéopathique diffèrent ici fondamentalement.

Négligeant ou n’utilisant qu’à une fin limitée les renseignements donnés par l’aspect morphologique et la manière d’être qui avant même l’interrogatoire clinique, sont souvent évocateurs de la « réalité » du sujet et de ses contours intérieurs, le médecin allopathe se cantonne bien souvent aux symptômes et à ce qu’ils évoquent :

Ictère, symptôme de....

Eczéma symptôme de.

Vertige symptôme de...

 

Le médecin homéopathe, amorçant la même démarche va  penser ;

Ictère symptôme de... chez... ou chez...

Eczéma symptôme de... chez... ou chez...

Vertiges symptômes de... chez....

 

Au delà du diagnostic posé et du déséquilibre dont il témoigne, et lorsque le remède homéopathique correspondant au trouble ne saute pas aux yeux, dans le cas  le plus habituel,  cela pourra être :

Ictère ou eczéma ou vertiges symptômes de..., mais, chez un sujet longiligne de type phosphorique, avec cheveux fins, fragiles, aux mains longues…Se dessinent déjà les prémices de la fragilité de base et de ses potentialités pathologiques.

L’aspect général, les téguments, leur couleur... feront le reste.

 

A partir de là, le sujet parle...

Interrogé, il va dire : « Ictère depuis....Eczéma depuis ... Vertiges depuis... ».

La notion de « Depuis que » prend ici toute son importance et la manière de l’énoncer tout un langage... : voix irritée et monocorde de SEPIA ; parole critique de LYCOPODIUM ; envolées enflammées ou tristement épuisées de PHOSPHORUS...

La pathologie et ce qui la conditionne, vont se préciser.

Ce qui, dès ce moment en est raconté, est déjà évocateur.... : « Depuis quand ? Comment? … Qu’est-ce qui a précédé la maladie, de quelle manière est-elle survenue... »…Tout prend sens.

Le trépied de l’ictère, l’aspect de l’eczéma, les modalités du vertige, vont être interrogés, mais ils ne pourront en aucun cas, être dissociés du sujet chez lequel ils ont fait irruption. Le mode d’approche et le regard porté sur le malade et la maladie ne peuvent qu’en être différents.

 

Que le médecin soit homéopathe ou allopathe, interviennent en tout premier lieu, le symptôme et son mode d’apparition : « Où, Quand, Comment ? ».

La démarche initiale qui conduit au diagnostic est la même...

Pour l’un comme pour l’autre, le diagnostic et, dans le même temps, le pronostic potentiel et statistiquement prévisible, se constituent comme le premier souci.

Dans le meilleur cas, l’allopathe insère le trouble dans une histoire pathologique et parfois psychologique. Les liens entre les différents épisodes ne sont pas toujours évidents ni, bien souvent considérés comme nécessaires à évaluer, dans leur rôle respectif. L’histoire biologique mise en lumière par les différents examens et analyses témoigne en elle-même de l’évolution du trouble qui a initié la consultation.

 

Si le médecin allopathe s’y cantonne avant d’engager sa prescription, le médecin homéopathe manifeste déjà d’une différence  dans sa démarche.

Les informations reçues se voient d’emblée complétées par ce qui touche de manière presque prévisible au devenir envisageable du sujet et du trouble présenté :

Ainsi, un ictère, fût-il de même intensité, ne se révélera pas, sauf complications particulières, de même pronostic chez un sujet de type PHOSPHORUS, fragile par essence,  au niveau de son foie et de ses organes nobles, que chez un NUX VOMICA davantage atteint par des pathologies de surcharge.

Pour le premier la pathologie ictérique sera d’emblée plus catastrophique que pour le second, où l’on présagera plutôt d’un passage possible sur LYCOPODIUM qui transformera l’être actif, fonceur et coléreux de l’origine en un personnage asthénique, peureux, qui ne gardera de l’impulsivité première, que l’irritabilité caustique et hypocondriaque.

 

FACE Ά LA MALADIE : LE CLINICIEN

 

Le regard de l’allopathe inscrit certes le sujet dans son histoire somatique, biologique et psychologique…

Ce qui dans la genèse du trouble est  lié à une marque héréditaire et le situe dans son passé familial avec, son empreinte pathologique, sa manière d’ « être au monde » et la façon dont il en assume les aléas événementiels, a toute son importance.

Si l’aspect psychosomatique est de moins en moins considéré comme négligeable ou à mettre de coté, ne serait-ce que pour y apporter une réponse médicamenteuse ou psychothérapique moderne, il conduit pourtant souvent le médecin, à classer le problème sous la rubrique  « problèmes ‘nerveux’ ...ou fonctionnels » avec, à la clé, prescription de tranquillisants plus ou moins adaptés, accompagnée bien souvent de paroles stimulantes[2].

Si l’ouverture est suffisante, la proposition d’aller consulter un spécialiste pour y apporter une solution plus adaptée est proposée.

Dans d’autres cas, plus éclairés, une psychothérapie se voit proposée. Elle ne s’avère malheureusement, pas toujours adaptée dans le choix proposé. La méconnaissance des différents types d’abord, conduit bien souvent à ce que, fonction de la mode du moment, de la publicité, des relations du médecin auquel a été vantée telle ou telle approche, celui-ci propose une voie pas forcément des mieux indiquée pour la pathologie en cause.

Les psychothérapies, il faut le rappeler, ne sont pas d’intérêt équivalent pour tel ou tel type de sujet. La mauvaise connaissance de leur approche et de leurs buts[3], tout comme leur choix non éclairé, peuvent être facilitatrices d’interventions mal venues dans le temps : les modalités de prise en charge, génèrent alors des difficultés ou une sensation d’inefficacité, alors qu’il s’agit bien souvent d’une indication inadéquate ou malvenue dans le temps.

 

L’attitude et le regard de l’homéopathe vont être un peu différents.

Après que l’aspect clinique et le diagnostic aient été réalisés, que la solution thérapeutique la plus adaptée et que le - ou les- remède homéopathique(s) le(s) plus approprié(s) aient été trouvés ; une recherche de la cause et du mode d’installation de la pathologie sous toutes ses facettes se doit d’être réalisée.

Les éléments donnés par le profil homéopathique qui présente la pathologie ou qui y correspond momentanément doivent être analysés…Ils sont bien souvent très révélateurs.

Une porte sur le passé qui a généré le trouble et sur le futur qui y est lié, se voient alors ouvertes. Le sujet porteur du trouble se voit ainsi pris en compte dans sa totalité. Repérage des symptômes alternants ou vicariants, modalités réactionnelles, incidents de parcours, sont ici de précieux éléments pour  permettre de comprendre et de voir émerger la pathologie de fond responsable du trouble mis en avant.

Dans son évocation du « Depuis que », le regard de l’homéopathe, ne s’arrête pas à l’événement ou à la suite d’événements. Il concentre son attention sur ce qui a pu le générer, dont les indices sont à repérer, sinon à retrouver, mais aussi sur les conséquences que ces derniers sont susceptibles d’entrainer pour le sujet. La manière personnelle de réagir et les risques évolutifs particuliers sont donc toujours  implicitement analysés.

 

Ils aboutissent à une seule question : « ‘Qui’ est malade et pourquoi ? ».

Dans cette démarche, le disciple d’Hahnemann va alors, étrangement se rapprocher ici du psychothérapeute psychologue ou non psychologue et du psychanalyste...

 

Le psychothérapeute psychologue ou non psychologue, soulevant le problème du mode de fonctionnement du sujet dans ses réactions, ses affects et ses types de comportement, laisse de coté la maladie pour, en quelque sorte, ne voir que le « malade ». Hormis la différence dans sa réponse, il  présente un cheminement quelque peu analogue à celui de l’homéopathe.

 

Le psychanalyste l’interpelle dans son fonctionnement inconscient : modalités d’expression, non dits, fermetures, lapsus révélateurs, sont observés et relevés.

Le sujet est, ici aussi, comme chez l’homéopathe, interrogé sur le sens caché de son trouble et sur cette « information  pathogène » sous-jacente, dont la présence occultée génère le mal-être : la maladie constitue ici l’expression évidente d’une parole qui n’a pas pris jour, ou encore celle d’un affect qui, faute d’avoir trouvé son sens, ne peut pas être intégré.

Le trouble n’est pas observé dans la perspective de mettre en lumière de signes à faire entrer dans une classification particulière concernant la maladie. Il est abordé dans celle d’un repérage concernant le mode d’agencement d’éléments qui émanent de l’inconscient et sont susceptibles d’émerger dans le discours du sujet.

L’analyste ne parlera pas de névrose de tel ou tel type, comme pourrait le faire un médecin psychiatre - ou non psychiatre - ou encore un psychologue, il parlera de structure de personnalité avec expression sur le mode de...ou encore de difficultés atteignant tel ou tel stade du développement.

Il rejoint là l’homéopathe qui, plutôt qu’être à la recherche du seul diagnostic, est en quête de ce qui va lui indiquer des signes et certains modes d’agencement susceptibles, au travers de la totalité des facettes physiques et psychologiques, de l’orienter vers le remède représentatif du sujet.

 

Si pour l’allopathe et l’homéopathe, le but de l’observation est constitué par le diagnostic de la maladie ; pour le psychologue, le psychothérapeute non psychologue, le psychanalyste et l’homéopathe, il est constitué par  le « diagnostic » du «  malade ».

Le psychologue va se situer dans un abord événementiel, comportemental et psychologique. Le psychothérapeute non psychologue, va se pencher sur le « Depuis quand, comment et pourquoi maintenant ? » pour tenter d’y apporter une solution pratique, sans pour autant  aborder la causalité profonde du trouble et ses racines dans le passé.

Le regard du psychanalyste va se porter sur les éléments qui, dans le discours, sont révélateurs d’un fonctionnement inconscient, responsable par ses blocages et ses ratés, de toute une pathologie agissante.

L’homéopathe va se tenir peut être, dans cette frontière  particulière où se rencontrent  le diagnostic de la maladie et celui du «  malade ».

Son statut de clinicien lui ordonne de surcroît, d’intégrer aussi le double aspect biologique et psychologique présent ici, avec les relations insoupçonnées susceptibles d’exister entre les deux.

Il est, de plus, amené, comme le psychologue, à intégrer données comportementales, événementielles et expressions psycho pathologiques mais ; comme le psychanalyste, il se doit d’écouter un discours…Révélateur d’un mode de fonctionnement intérieur, il révèle à travers ce dont il témoigne, la charpente et la clef de voûte de ce qui constitue la manière particulière d’ « être au monde » du sujet qui, en face de lui, en révèle les aspects  non connus.

 

La spécificité du regard de l’homéopathe se situe peut-être là : il se pose comme une forme de point de convergence entre trois approches :

L’approche diagnostique de l’allopathe : le sujet « souffre de... »

L’approche  descriptive du  psychologue ou du « psychothérapeute » : sa « maladie » se manifeste par....

L’approche « explicative » du psychanalyste : sa « maladie » est liée à...

 

L’homéopathe emprunte au premier son abord diagnostic.

Il a, comme les seconds, une analyse du comportement et des affects, dans leurs modalités d’expression.

Il a aussi, comme le troisième et d’une manière aussi étonnante, qu’inattendue, une approche de la chaîne d’éléments signifiants qui se voient déroulés de manière évidente à la vue et  sont repérables dans le discours.

Si, pour l’analyste, ces éléments signifiants sont reliés par une chaîne verbale qui exprime la structure de l’inconscient, avec son agencement particulier révélatrice du sujet, de ses réactions spécifiques et de ses blocages ; la ligne directrice constituée par la diathèse[4], ses particularités réactives et son expression spécifique sous la forme du remède révélateur du sujet à ce moment de son parcours, va, pour l’homéopathe en constituer une autre des facettes. Et  ces deux facettes sont sur certains points superposables...

La diathèse et son expression dans le remède de fond pourraient, si l’on peut s’exprimer ainsi, constituer dans le «  biologique », l’équivalent de la trame constitutive de la personnalité du sujet avec des nœuds de fixation repérables alors dans les remèdes dits « de parcours ».

La définition donnée au fil d’un cours par le médecin homéopathe, le Docteur Michel Guermonprez : « Tout épisode morbide, quel qu’il soit, est l’expression d’une maladie de fond qui s’appelle la diathèse » peut être complétée par une sorte de pendant analogique, qui consisterait à y ajouter : « Tout épisode psycho pathologique, quel qu’il soit, est l’expression d’une problématique de fond dont la diathèse est le support ».

 

FACE AU PATIENT : UN REGARD

Il est ici fonction du thérapeute et de son mode d’approche et constitue en quelque sorte les moyens mis en œuvre :

- Regard du médecin,

- Regard et « oreille » de l’homéopathe et du psychologue,

- « Oreille » du psychanalyste…

-Regard sur certaines constantes comportementales repérables, du « psychothérapeute ».

 

Peut-être faut-il définir là, ce qui peut être englobé dans la notion d’oreille ou de regard.

Peut-être faut-il observer ce qui, allant au delà de la seule écoute ou de la seule observation des symptômes, intervient bien en deçà ; pénétrer ainsi plus profond dans le repérage de cet « autre chose » essentiel pour saisir à la fois, le sujet, et ce qu’il révèle de lui-même.

 

Les démarches de l’homéopathe et de l’analyste vont ici, aussi étrangement que de manière inattendue, se rencontrer :

Le point fondamental du discours, celui qui d’un seul coup va l’éclairer et représenter le mot clé repérable par l’analyste, ne fait-il pas écho à la Key note qui, dans les signes exprimés par le sujet, désigne alors le remède en cause à l’homéopathe?

L’interprétation de l’analyste, dans ses effets en retour sur l’agencement psychologique du sujet, ne fait-elle pas le pendant à ce que le médicament homéopathique produit dans son « agencement biologique »?

Là où, pour le disciple d’Hahnemann, la parole amène en quelque sorte à ce que « jaillisse » le remède, bien souvent c’est aussi le remède, qui, de son coté, fait surgir la parole.

Son absorption, favorisant la verbalisation, fait ainsi bien souvent remonter des souvenirs et facilite leur élaboration dans le langage ; cela se constate régulièrement  chez les sujets en cours de psychanalyse ou de psychothérapie…

En sens inverse, la modification par le biais du travail analytique ou par le biais d’une psychothérapie adaptée, du mode d’expression de la pathologie, nécessite bien souvent, la prescription d’un nouveau remède.

La problématique qui émerge du discours et les nouvelles préoccupations fondamentales ou occasionnelles du sujet, en rendent alors la prescription obligatoire. Il n’est qu’à se référer à THUYA et sa culpabilité obsessionnelle, AURUM et ses ruminations mélancoliques, NATRUM MUR, son narcissisme et ses risques psychotiques.

 

Pour l’homéopathe, le passé et présent psychopathologiques se mettent en lumière et accrochent le regard, en même temps que la maladie présentée.

Pour lui, le sujet malade s’inscrit autant dans le passé de son histoire, que dans son devenir. Les éléments déclenchants et les risques évolutifs plus ou moins prévisibles sur le plan physique et psychologique, sont repérables en filigrane.

Le mode réactionnel des remèdes, la trame de leur mode de fonctionnement, leurs successions possibles autour d’une ligne directrice fondamentale, sont parlantes.

 

Pour le psychanalyste, le passé psychologique est révélateur,  les aléas physiques ne sont pas négligés, mais ils ne prendront leur sens qu’à partir de la compréhension de leur origine véritable  et de ce qu’elle implique de conséquences sur la psyché.

Pourtant il faut souligner ici que, même si l’on saisit le langage et le sens caché du trouble et si l’on a la possibilité d’en anticiper quelque peu le moment d’apparition, l’on ne peut en aucun cas, en mesurer véritablement tous les risques...

 

L’homéopathie va plus loin : elle a pour particularité de permettre une sorte d’anticipation du possible avenir.

Le repérage des remèdes avec, mis en place selon un ordre défini par les lois de Hering et d’Arndt-Schultz, leur mode d’apparition significatif d’une amélioration ou d’une aggravation, permet d’obtenir des indices patents. La seule observation de signes objectifs permet de déterminer alors, le point où le sujet en est véritablement.

 

Prenant en compte l’être dans sa totalité, l’homéopathie comporte une triple singularité :

- Celle de son écoute : toutes les particularités du sujet se trouvent d’emblée repérées, d’où une plus grande facilité dans l’abord et la relation ;

- Celle de la compréhension de sa pathologie et de son mode de déclenchement : le diagnostic s’en trouve, d’autant plus vite établi ;

- Celle de la singularité dans la réponse donnée au trouble : il appellera, selon son type et  son moment d’apparition, l’indication de telle ou tel type d’approche, ou de thérapeutique :  homéopathie bien sûr, avec choix de la dilution, de sa prescription à tel ou tel moment et à tel ou tel intervalle ; thérapeutiques médicamenteuses allopathiques ciblées avec plus de précision autant dans le choix, que dans la dose préconisée, la synergie d’action permettant une meilleure acceptation de la médication ; ceci à tous les sens du terme[5] ; psychanalyse lorsque cela est possible, TCC, psychothérapies de divers types….

Renforcées dans le choix qui en est fait par la connaissance du profil homéopathique, de sa fragilité, de ses potentialités morbides, de son mode d’insertion dans la vie relationnelle, elles sont alors indiquées avec plus de précision et favorisent chacune à leur manière le retour vers un meilleur équilibre.

 

Si l’homéopathie permet de cerner avec plus de justesse les sujets à risqueelle n’est pas sans intérêt dans la compréhension et dans le mode de survenue de certaines évolutionspathologiques.

La connaissance plus intime du potentiel psychopathologique et de ses risques évolutifs permet d’ajouter des précisions appréciables aux éléments utilisables pour le diagnostic classique. Elle est alors, bien souvent, la source de découvertes pour le moins surprenantes.

Elle permet ainsi de comprendre :

La potentialité relative de réinsertion de certaines psychoses. Leur composante  luétique[6] constitue parfois un facteur favorable à une adaptation. Si elle est, certes bancale, elle s’avère cependant suffisante pour éviter une invalidation trop grande : l’aspect de moins grande sensibilité de la Luèse est ici une chance.

Cela n’est pas le cas de ce qui se passe lorsque existe uniquement un fond de Tuberculinisme[7] pur qui constitue un facteur souvent favorable au maintien dans un contexte relationnel non psychiatrique et une potentialité de permettre, dans le cas de troubles précoces chez l’enfant, une « réparation » avec un retour à un état presque « normal » ; ceci à condition que le trouble ait été pris assez tôt.

Le rôle protecteur du trouble phobique est une autre de ces découvertes inattendues. L’obligation de limitation et de rétrécissement du champ d’action chez un sujet  prédisposé à une agitation et à une angoisse excessives, est souvent une forme de « garde fou ».

Habituellement sans égard pour ses limites intérieures et incapable d’en tolérer les effets perturbants, celui-ci se voit alors indéniablement protégé par son trouble, qui l’oblige à réduire de lui-même à la fois son activité et son périmètre d’action.

 

Le rôle de l’âge dans les périodes de fragilisation, rappelant à LACHESIS combien la ménopause lui est peu favorable, à NATRUM MUR combien l’adolescence est, chez lui, problématique, saute parfois aux yeux. Il permet souvent d’anticiper ce qui peut advenir.

 

Le facteur déclenchant du trouble peut, de la même manière, s’avérer prévisible pour bien des profils homéopathiques : la séparation pour PULSATILLA, la perte de pouvoir pour PLATINA, la baisse de son efficience pour NUX VOMICA… sont des situations problématiques. En avoir conscience permet souvent de prévoir le soutien nécessaire qui leur permettra de passer le cap.

 

La perspective homéopathique permet de plus de déterminer certains facteurs favorables à la rupture de l’équilibre. Il parait important d’en tenir compte. Ainsi :

Les symptômes psychiques surviennent en dernier lieu : ils apparaissent lorsque les capacités réactives du sujet sont débordées ; ce qui pourrait, par analogie au fonctionnement psychique, être assimilé au débordement des défenses du sujet.

 

La constitution et le terrain jouent un rôle dans le moment où se déclenche l’épisode morbide ; cela se retrouve aussi dans le fonctionnement psychique.

 

Bien qu’elles le fassent de manière moins précise, certaines structures mentales se révèlent prédisposées à faire éclore leur pathologie à certains âges particuliers ou dans certaines conditions de fragilisation : les structures psychotiques sont bousculées à l’adolescence, celles hystériques, lorsqu’elles sont confrontées aux aléas de la vie adulte et soumises à ses frustrations ; les structures obsessionnelles, lorsque le poids des contraintes accentue la force de leur culpabilité et les précipitent, à bout de souffle, dans la pathologie dépressive.

Là où l’homéopathe peut, par le biais de la diathèse et du remède en cause, comprendre l’importance de ces moments clés où les défenses psychologiques et psychiques dépassées, sont susceptibles de s’effondrer, le psychanalyste n’a pas des moyens d’anticipation aussi précis. S’il peut certes subodorer la présence de ce risque et en saisir quelques signes avant coureurs, il ne peut, semble-t-il, en aucun cas, être en mesure de le repérer de manière aussi tangible et objective.

 

De la même manière, si la prise en compte du sens des symptômes somatiques se révèle, pour l’homéopathe, extrêmement précieuse quant au repérage de l’aggravation ou de l’amélioration ; pour l’analyste, même s’il le constate, cela ne peut être d’aucun secours réel, si ce n’est pour l’inciter à une plus grande prudence dans la conduite de la cure et de la relation transférentielle[8].

Pour l’homéopathe tout épisode morbide a un sens dans l’histoire somato- psychique d’un sujet ; pour l’analyste, tout épisode morbide a, dans cette même histoire, indéniablement, aussi un sens

Pour chacun d’entre eux, et ils se rejoignent ici dans une communauté de langage, la « maladie » témoigne d’une rupture des défenses et de la perturbation d’un équilibre dont il faut cerner la portée pour en distinguer l’origine. Physique, psychique, intrication des deux ?

 

Si l’homéopathe repère le trouble dans sa double signification et dans son double impact somatique et psychologique, donnant tout son poids au réglage neurovégétatif, ce n’est pas là l’objet de l’intérêt de l’analyste.

Ce dernier, s’il peut constater l’impact somatique du désordre psychologique, n’est pas en mesure, fût-il médecin, de faire la démarche inverse : l’objet de son attention se situe sur un tout autre registre.

L’expression de la somatisation ne répondant pas à une quelconque loi du hasard, amène de plus, certaines réflexions…Si l’on considère l’ulcère d’estomac d’ARGENTUM NITRICUM, les crampes ou la périarthrite de NUX VOMICA, les rhumatismes de NATRUM CARB, il est facile de constater que le lieu et le mode de somatisation sont, de toute évidence, en eux-mêmes parlants.

Si l’analyste peut en décoder le sens et en révéler le message caché, donnant au désir de maîtrise d’ARGENTUM NITRICUM, aux conflits étouffants d’ARSENICUM ALBUM, à l’angoisse existentielle d’AURUM, leur sens véritable, il ne peut en expliquer le mode d’apparition sous telle ou telle forme, ni, en dehors de ce qui en est dit, en prévoir l’expression sous tel ou tel mode.

Autorisant un éclairage complet du trouble sous ses différentes facettes et dans divers axes de compréhension, le double abord de l’homéopathe le permet :

Confronté à une somatisation, l’homéopathe ne peut se contenter de le décrire comme le ferait un allopathe, en donnant une explication de son mode de déroulement et en l’étudiant sous des angles variés.

Il ne peut non plus, uniquement se restreindre, comme le ferait un analyste, à seulement la constater et en expliquer le mode d’apparition par les aléas de l’histoire psychoaffective.

Il doit en cerner le sens, en repérer le langage crypté dans le double axe psychologique et somatique, donner à l’expression de la diathèse toute sa place, au moment où apparaît le trouble, toute sa signification.

La somatisation sur telle ou telle zone du corps, son mode et son moment d’apparition prennent alors un relief fondamental, signant une histoire évolutive dans le double registre physique et psychologique. Elle est ainsi, sans que soit pris le risque d’en cacher le langage, susceptible d’être alors interprétée dans son sens véritable, témoin d’une perturbation à repérer.

Si elle se doit d’être distinguée au milieu d’un désordre physique, des empreintes héréditaires et leurs « miasmes » perturbants, cette somatisation peut être recherchée aussi, dans ce qui témoigne des effets de ces derniers sur le plan de la psyché. Mérite tout autant d’être analysé ce qu’ils conditionnent de manières d’être conscientes ou inconscientes, réactivées par les aléas de l’histoire du sujet et les événements vécus.

Tout se passe comme si, au fil des générations, se rejouaient les thèmes d’une partition dont le but dans la lignée et le corps vivant tout entier, était de maintenir équilibre et potentialités évolutives.

Au médecin allopathe d’en désigner l’expression problématique, pour en traiter les symptômes.

A l’analyste de permettre d’en dénouer les nœuds étouffants ou sclérosants d’origine.

Au psychothérapeute non analyste, d’y apporter une solution active et pragmatique susceptible après avoir cerné les obstacles, d’y apporter remède.

Au médecin homéopathe d’en saisir la trame pathologique dans un double aspect englobant le soma, ce qu’il porte de miasmes héréditaires, et la psyché avec ce qui y est lié de perturbations issues du passé personnel et familial.

Regards différents, approches diverses, parfois complémentaires, ils constituent au fil de l’évolution des facteurs patents de transformation…

[1] Extrait de l’ouvrage : Du stress au transgénérationnel. Geneviève Ziegel. Editions des entretiens internationaux de Monaco.

[2] Cela ne se veut pas une critique, mais une constatation de plus en plus fréquente favorisée par les courants de pensée actuels axés sur la rapidité et, bien souvent, la réponse médicamenteuse immédiate.

[3] Vu l’importance du problème, un ouvrage entier y sera consacré sous le titre « Du trouble psychosomatique aux psychothérapies ». A paraître...

[4] « Tout épisode morbide, quel qu’il soit, est l’expression d’une maladie de fond qui s’appelle la diathèse ». Docteur Michel Guermonprez.

[5] Cf. le livre : « De la psychiatrie à l’homéopathie ».Geneviève Ziegel. Editions Similia.

[6] Diathèse caractérisée sur le plan physique par une potentialité à la destruction et aux constructions anarchiques, et sur le plan mental par des tendances comportementales dominées par refus des règles, une potentialité  destructrice, instable, variable et déviante d’un  coté, et des troubles reliés à une sclérose tissulaire et idéique.

[7] Diathèse caractérisée par une grande sensibilité physique et psychologique, avec tendance à ressentir très fort le monde qui l’entoure et à fuir dans l’imaginaire ou le repli protecteur.

[8] Il est important de mesurer par ailleurs l’aide apportée par la prescription du traitement homéopathique en accompagnement de diverses méthodes psychothérapiques de tous types : psychanalyse, TTC (Cf .L’ouvrage du Docteur Patrick Vachette qui évoque les TCC dans les troubles alimentaires avec aide du traitement homéopathique)

 

 



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